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Se préparer à une intrusion de tireur actif n’élimine pas les risques, mais …

16 décembre 2012

Par Guylaine Maltais

Il y a des événements, non, des tragédies qui dépassent la fiction. Ici ou ailleurs,on préférerait qu’elles n’existent jamais tellement la douleur se fait profonde.Le drame de vendredi dernier, m’a tout comme vous, bouleversé et aujourd’hui, j’aimerais me pencher sur un des facteurs majeurs des catastrophes, la préparation. Qu’elle soit d’origine naturelle, industrielle ou humaine, on doit se préparer à la catastrophe. En effet, puisqu’on ne vit pas dans une bulle de verre, on doit imaginer que le pire puisse arriver. Cela ne relève pas du fatalisme, car malheureusement, l’actualité nous remet sans cesse au visage que ce scénario du pire, peut finalement arriver. Mieux vaut avoir une idée des gestes à poser.

La connaissance diminue la peur

Depuis quand apprenons-nous, ainsi qu’à nos enfants, les risques de la sécurité incendie? Notre cher Fred Pellerin dirait, «il y a belle lurette!» Il y a donc belle lurette que l’on communique, que l’on enseigne et que l’on exerce les enfants, les écoles et l’ensemble de leur personnel, à savoir reconnaître ce risque et à s’en protéger. En parler ne signifie pas qu’un incendie se déclarera! Pourtant, en parler, éduquer et exercer nos enfants et leurs enseignants à ce risque ne l’élimine pas non plus complètement. Alors, si cela n’élimine pas le risque à 100 % pourquoi donc tout ce travail de communication et de préparation, depuis tant d’années? PARCE QUE ÇA DIMINUE LES CONSÉQUENCES! Parce que devant l’ignorance, tout le monde figerait, figera. Parce que la connaissance d’un risque le démystifie, diminue la peur qu’il représente.

La communication de risque et la préparation aux urgences s’effectue sur du long terme. On appelle ça de l’investissement. Contribuez-vous à vos REER une seule fois en pensant que vous vous retirerez avec la somme désirée? Un peu, tout le temps, vous investissez. Avec les risques, appliquons donc le même principe! Ce n’est que plusieurs fois répétées, que l’on développera les réflexes souhaités. C’est pour cette raison que depuis si longtemps, dans les écoles du Québec et d’ailleurs dans le Monde, on enseigne aux enfants dès la maternelle (et même en garderie!), les tous premiers gestes qui peuvent sauver leur vie en cas d’incendie. Si un incendie se déclare ailleurs, les réflexes demeurent les mêmes, c’est juste la sortie qui change de place. Ils auront appris SI un jour ils doivent les appliquer. Malgré cette éducation publique, certains ne s’en sortiront peut-être pas, mais la grande majorité oui.

Une discrimination dans la préparation aux risques?

Serions-nous devant une discrimination face aux risques potentiels de nos écoles? Si certaines de nos écoles, voire toutes, ont un plan spécifique contre les tireurs actifs alors c’est bien. Mais combien l’ont communiqué à l’interne?

  • Combien ont formé leur comité de mesures d’urgence (leur cellule de crise), d’ailleurs, un tel comité existe dans combien de nos écoles?
  • L’information, la formation s’est-elle rendue jusqu’à l’ensemble des membres du personnel afin que chaque personne sache ce qu’elle aura à faire pour assurer sa protection ainsi que celle des enfants?
  • Dans combien d’école avons-nous informés les enfants de ce plan, leur enseigner ce qu’ils devraient faire (sujet fort sensible à communiquer, j’en conviens, une communication de risque tout en délicatesse, mais qui se fait).
  • Dans combien de ces écoles exerce-t-on les membres du personnel? Les enfants?

Et combien l’on communiqué à l’externe?

  • Informer les parents que ce plan existe entre les murs de l’école?
  • Leur mentionner, leur démontrer que les membres du personnel sont formés?
  • Leur expliquer les démarches qui seront prises pour éduquer leurs enfants à propos de ces particularités?

Bien humblement, je n’ai pas cette réponse et si l’un d’entre vous l’a, j’aimerais vous demander de nous la donner en laissant un commentaire. Il reste que, faites simplement le test lors de la prochaine rencontre de parents ou avant, en allant porter les p’tits à l’école demain matin. Posez des questions! Pour ma part, je me prévois une petite rencontre avec la direction d’école de ma fille!

Un risque spécifique, une locomotive

Se préparer pour un risque spécifique, doit stratégiquement contribuer à faire démarrer et avancer tout un train. Il serait une grave erreur que de ne voir que lui sans voir le reste. Chaque école étant localisée à un lieu précis, aura, dans son environnement, des risques qui lui sont propres (inondations, glissement de terrain, fuite de matières dangereuses, etc.). Bien sur, le plan doit être multirisque et aura des particularités en fonction des mesures de protection à appliquer.

Se préparer n’élimine pas les risques, mais cela réduit certes les conséquences. À partir du moment où l’on a identifié un risque comme étant potentiel, pouvons-nous vraiment faire comme si nous ne le savions pas et ne pas s’en préoccuper? Mettant ainsi la vie de centaines de gens, dont des enfants, en danger. Même en admettant qu’il est peu probable qu’il survienne, la probabilité demeure. Soyons responsables et partageons cette responsabilité avec tous les acteurs concernés. Les écoles et ceux qui les remplissent en font partie! Et vous, qu’en pensez-vous?

En attendant que l’information fasse son œuvre, vous trouverez ici, un document réalisé par l’école Polytechnique, sur les bonnes pratiques à adopter lors de l’intrusion d’un tireur actif.

Surveillez mon prochain billet, qui traitera de l’importance du 1er point de presse en urgence et des entrevues réalisées auprès d’enfants survivants de cette tragédie de Newtown au Connecticut.

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From → Gestion de crise

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