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Ottawa : Analyse MSGU du jour où notre paix fut ébranlée

28 octobre 2014

Avec ce blogue, lorsque des urgences, des crises se produisent, je tente de comprendre, d’analyser le volet MSGU de la crise afin d’en faire ressortir des apprentissages. Surtout si c’est chez nous que ça se passe. Toutefois, depuis que cette habitude est établie, c’était la première fois que la paix de notre pays était la cible d’attaques terroristes. En tant que citoyenne canadienne, on se sent aussi concernée, affectée. C’est pourquoi j’ai mis plusieurs jours pour revenir sur les événements d’Ottawa.

Note : seuls les comptes francophones ont été analysés

Deux fois dans la même semaine

En l’espace de deux jours, des attaques contre des militaires ont fait tomber l’adjudant Patrice Vincent à St-Jean-sur-Richelieu et le Caporal Nathan Cirillo. Bien que le premier ait fait beaucoup réagir tant, dans les médias traditionnels que sociaux, dès les premiers instants du second attentat les réactions dans les médias sociaux ont déferlés. L’analyse se concentre surtout sur cette attaque à Ottawa.

 Acteurs concernés et leur compte Twitter

Étant déjà présent sur certains réseaux sociaux, rapidement, les acteurs des organisations concernées ont pris leur place :

  • Police d’Ottawa
  • GRC (bien que la GRC soit présente sur plusieurs plateformes, 19 publications se concentrent sur Twitter incluant les jours suivants)
  • Ville d’Ottawa
  • Santé Ottawa
  • Transport en commun d’Ottawa :
  • Les Forces Canadiennes
  • Armée Canadienne

Puisqu’une urgence / crise dépasse souvent les frontières de la ville où elle se produit, les voisins ont également aussi pris du gallon sur leurs diverses plateformes :

  • Ville de Gatineau sur son compte Twitter
  • Le Service de police de la Ville de Gatineau
  • La société de transport de l’Outaouais entre autres sur sa page Facebook
Tiré de la page Facebook du SPVG

Tiré de la page Facebook du SPVG

Il s’agit là d’un message que je répète à chaque conférence et formation portant sur les MSGU : ces liens avec les partenaires limitrophes, souvent voisins de la ville (des villes) de celle où se passe l’urgence, nécessitent d’être tissés avant qu’elle ne survienne, de plus le développement de mécanismes de coordination doit être établi afin de mieux communiquer pendant l’urgence/la crise. Ici, notons que tant les comptes de la ville de Ville d’Ottawa et de Gatineau diffèrent de leur compte de service de police. Ce qui permet de sectoriser l’information tout en s’appuyant les uns les autres. Il s’agit là d’une pratique que je recommande, autant que possible, lorsque des ressources sont disponibles. De plus, le nombre de partages de la publication Facebook du compte du Service de police de Gatineau, résulte du fait que la ville voisine doit aussi prendre sa place lors d’événement d’urgence, non pas pour rassurer, mais pour expliquer les faits et actions qu’elle prend.

Plusieurs mots-clés ont été utilisés, ce qui rendait la tâche difficile pour s’y retrouver et repérer l’information pertinente. En français, les principaux notés :

  • #Ottawa
  • #FusilladeOttawa
  • #OttawaFort
  • #OttCircule

Cependant, plusieurs publications sur Twitter provenant d’organisations officielles concernées n’avaient tout simplement pas de mot clé.

Alors que les députés ont «live tweeté» pendant toute la durée de leur confinement de cette journée cauchemardesque,

Tiré du fil Twitter des députés

Le premier ministre, lui, a émis ses premiers gazouillis autour de 22h :

PM

La réduction de bruit est-elle possible ?

Avec le flux d’information, suivre l’événement sur Twitter devenait difficile. Personnellement, j’ai observé deux mots clés #Ottawa et #FusilladeOttawa, le premier défilant à la vitesse Grand V. À mon avis, il y a une certaine sensibilisation à faire en amont des urgences et des crises, quant à l’utilisation des médias sociaux. Bien que ces outils soient synonymes de liberté d’expression et qu’ils aient tout à voir avec le #citoyenacteur, il peut être utile, pour plusieurs de les utiliser avec une certaine retenue.  À l’époque, on nous disait «tournes ta langue 7 fois avant de parler», de nos jours nous devrions dire «penses-y 7 fois avant de Retweeter!» Au lieu de partager l’information provenant de gauche et de droite, voici quelques conseils pour réduire le bruit inutile :

  • Lorsqu’ils sont présents en mode 2.0, référez-vous aux sources officielles (dans ce cas, Police d’Ottawa, GRC et Ville d’Ottawa était relativement actifs et leurs communication assez fréquentes dans les circonstances) ;
  • Essayez, tant que possible de partager de l’information que vous savez confirmée ;
    • Si tel n’est pas le cas, mentionnez-le ! #ÀConfirmer
    • Toutefois, nul ne sert de vouloir jouer le rôle des acteurs concernés ;
  • Ayez le réflexe de vous référer aux médias d’information localement concernés ;
  • Vos sources connues et les plus crédibles sont généralement fiables ;
  • Évitez toute publication et partages d’information pouvant nuire à l’enquête et aux intervenants de terrain : photos, vidéos, informations de géolocalisation et ou fournir des informations sur le travail des services policiers (cela a d’ailleurs été maintes fois publié par ces services) ;
  • Évitez les publications, les partages et les RT aux allures de blagues, de haine, de «qu’en dira-t-on».

En concentrant vos partages d’informations provenant de ces sources, cela peut réduire considérablement le bruit inutile. Il est vrai que lorsque les organisations concernées se font silencieuses, la recherche d’information se fait plus grande et avec raison, car les citoyens veulent et ont le droit de savoir. Toutefois, en prenant quelques secondes pour se questionner, il est possible de réduire encore ce bruit d’un cran :

  • Est-ce que l’information des autorités concernées, circule déjà ? À une fréquence convenable dans les circonstances ?
  • Quels sont les mots clés utilisés ?
  • Est-ce l’élément d’information que je m’apprête à partager amènera quelque chose de nouveau (info qui ne semble pas encore avoir été traité et qui serait pertinente) ?
  • Cette information peut-elle être utile pour d’autres ?
  • Puis-je tout simplement, laisser le champ libre aux principaux concernés ?

Aujourd’hui, de plus en plus d’autorités publiques se servent de ce qui circule dans les médias sociaux pour faire leur travail. Essayons de leur faciliter la tâche dans ces océans de contenus qui ne cesse d’augmenter. Nous avons, entre les mains, une multitude d’outils intelligents, utilisons la nôtre également ! Soyons pertinent et Tweetons avec vigilance et intelligence !

Appui de partout au Canada et à travers le Monde

Frappé deux fois plutôt qu’une en l’espace de deux jours par des attentats terroristes, à l’ère des médias sociaux le Monde entier a pu faire sentir son appui au Canada, à la famille et aux proches :

Storify

Au de-là des MSGU un traitement exemplaire

Souvent, lors de crise anthropique (créée par l’homme) et dans le cas de tireur actif et d’attentat terroriste, l’accent est trop souvent mis sur celui qui a commis l’acte et sur le groupe qui revendique les attentats. Leur nom est celui qui résonne dans la majorité des médias et à l’ère de Twitter, il devient rapidement un des mots clés les plus «populaires». Cette «gloire» est exactement ce que cherchent les auteurs de ces crimes. De grâce, ne leur rendons pas ! Toutefois, la couverture qu’en a faite Rex Murphy était opposée à ce que nous voyons habituellement. Il a mis l’accent sur Nathan Cirillo et sur Patrice Vincent et ce, en pesant ses mots. Ne cherchant aucunement à faire un spectacle avec la nouvelle, M. Murphy l’a ici, traité d’une façon exemplaire dont plusieurs de ses pairs devraient s’inspirer.

Évidemment, une analyse plus poussée pourrait être faite, toutefois le temps manquant, cette première, qui se veut sans prétention, permet d’identifier des pistes de réflexion tant du côté des organisations que du coté du citoyen, utilisateur des médias sociaux dans un contexte de crise. Si vous avez remarqué d’autres éléments qui devraient être ajoutés, n’hésitez pas à en faire part dans les commentaires.

Confinement, barricade, mise à l’abri : pour y voir plus clair

Les événements d’Ottawa nous ont rappelé une fois de plus, que la population en générale possède très peu d’information sur certaines mesures de protection et que la majorité des acteurs concernés ne distinguent pas les nuances de trois mesures qui, à première vue se ressemblent. Cela fera donc l’objet de mon prochain billet.

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