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Accident industriel : on ne peut pas ne pas communiquer

22 mars 2015

Samedi, 21 mars, une fuite de tétrachlorure de titane se produit à l’usine Kronos, située à Varennes, sur la Rive Sud de Montréal, en Montérégie.

Google Map

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Première analyse #MSGU

Une reconnaissante de la situation relativement rapide

Le 1er Tweet semble être venu du journaliste Maxime Landry, avec déjà deux mots-clics #Varennes et #Kronos (qu’il n’a pas conservé à chacune de ses publications). Toutefois, rapidement la ville a pris sa place en informant sa population en multipliant les canaux de communications :

  • son site Internet, qu’elle a maintenu à jour tout au long de l’évolution de l’événement ;
  • Sur Twitter, de tous les Tweets que la ville émettra et ce, de manière assez rigoureuse, aucun mot-clic ne sera cependant utilisé. Une lacune à revoir puisqu’en tant qu’acteur principal officiel, il est capital d’utiliser le même canal (mot-clic) que le flux où circule l’information ;
  • sur sa page Facebook, dont la 1ere publication s’est vue partagée plus de 300 fois. Saluons la capacité de la ville à affronter l’incertitude face à la matière émise dans l’environnement, elle reconnaît la situation. En effet, lisez dans sa publication «fuite d’un produit». Dès la seconde publication, le matière est spécifiée.

1er post FB_Varennes

Bien sur, la page facebook de la ville aura servi à informer sa population, mais également celles des villes environnantes, à donner les rendez-vous de points de presse des autorités (donc en amalgamant les deux types de médias : traditionnels et sociaux) jusqu’à la phase de rétablissement. Finalement, à transmettre des informations de l’usine, puisqu’absente des médias sociaux.

Les villes environnantes, présentes dans les médias sociaux informent aussi leur population quant aux  risques ou non perceptibles chez eux et si des conséquences sont possibles pour leurs citoyens. Pour certaines, le mot-clic #kronos était intermittent dans les publications. L’exemple de communication de Repentigny, sur son fil Twitter, mérite que l’on s’y attarde, bien quel les premières publications soient arrivées avec un certain délai. En contre-partie, sur Facebook, la reconnaissance de la situation elle n’a pas tardé.

Repentigny

Malgré l’absence de mots-clic dans les publications Twitter de certaines villes concernées : sommes toutes,  VarennesRepentignySte-Julie et Longueuil méritent un coup de chapeau pour leurs communications 2.0 / #MSGU !

Les acteurs gouvernementaux présents…et les autres

Sur le compte Twitter d’Urgence-Québec, on voit apparaître un mot-clic supplémentaire : #émanations et leur page Facebook est également alimentée.

Alors que le journaliste Maxime Landry, explique l’arrivée du laboratoire Taga d’Urgence-Environnement,

Taga

sur le compte Twitter du Ministère du Développement durable de l’environnement et de la lutte aux changements climatiques (MDDELC), absolument aucune publication n’est émise. Idem pour leur page Facebook. Pour ce ministère, l’information circulait plutôt par la voix Twitter de son ministre.

Là une question se pose : bien que, pendant les relations de presse, le porte-parole de certains ministères soit le ministre, le message 2.0 lui doit-il venir «de la boîte», i-e. du ministère concerné où s’il doit venir du compte de l’individu ?  Avec d’autres personnes à sa tête, le MDDELC avait communiqué de la même façon pendant les événements de Lac-Mégantic (2013) : nous obtenions l’information sur les enjeux environnementaux par les comptes du ministre de l’époque et de son directeur des communications… En situation d’urgence, qu’est-il le plus important de mettre de l’avant : l’image 2.0 d’une personne politique ou la communication à la population par les comptes organisationnels ? Dans cet optique, envisager des plateformes sociales pour Urgence-Environnement constituerait peut-être une solution.

Une problématique similaire subsiste au Ministère de la Sécurité publique (MSP) : présent sur les médias sociaux sans toutefois communiquer sur des sujets de sécurité civile, alors que c’est de ce ministère que relève la sécurité civile, par la DGSCSI. Madame Thériault, éventuellement, une présence sociale pour la DGSCSI ? Il me semble que nous serions rendu là ! Voir en gros plan une photo d’un véhicule de sécurité civile ainsi qu’une photo de l’ensemble des acteurs, dont le directeur régional de la sécurité civile, sans avoir accès à l’information provenant de l’organisation en charge des mesures d’urgence envoi un drôle de message. Watzlawick disait «on ne peut pas ne pas communiquer», en ce sens, une absence de communication, une absence d’organisation devient largement interprétable. Madame la Ministre, vous ne trouvez pas qu’il y a là un manque important ?

Et les acteurs du réseau de la santé ? Dans mon analyse #MSGU, je ne les ai pas aperçu non plus…

D’autres questions émergent

  • La transmission de l’information par des partis politiques, tel que vue sur le fil Twitter du mot-clic #Varennes, représente-elle une façon de faire adéquate ?
  • Une situation d’urgence doit-elle servir les partis politiques ? En d’autres mots, doivent-ils être considérés comme des acteurs pertinents à suivre en phase d’intervention ?
  • De qui devraient venir l’information ?

D’où l’enjeu de la coordination des communications 2.0, pas évidentes lorsqu’autant d’acteurs.

L’industriel dans tout ça ?

Absent des médias sociaux, cette fois, l’industrie a pu compter sur la ville. Cependant, si vous êtes un industriel et que la ville où vous êtes située n’est pas présente dans les médias sociaux…

Sans compter que des extraits de votre plan d’urgence risquent de se voir diffuser dans les médias sociaux. Vous aimeriez sans doute pouvoir réagir à une telle publication, apporter des compléments d’information.

pmu

Médias et intervenants d’urgence non concernés

Ces acteurs sont des alliés à considérer, puisqu’ils permettent de répandre l’information importante à un plus grand nombre. En effet, des intervenants d’urgence et acteurs de la sécurité civile n’étant pas sur le territoire du lieu où se déroule l’urgence, en suivant l’événement dans les divers médias sociaux, peuvent y contribuer à leur façon, en partageant retweetant du contenu pertinent. D’où l’importance pour une ville, de connaître en amont, ces protagonistes qui sont en mesure de les appuyer lorsqu’elle en aura besoin (ça m’amène à vous inviter à (re)lire le billet sur le concept de VOST). Idem pour les journalistes. Qui plus est, cela est leur rôle. En voulant aller plus loin, dans une phase préparatoire, pourquoi ne pas les percevoir comme des acteurs du plan de mesures d’urgence ?

num.urgence

Voilà un billet exposant plusieurs questions.

Vous évoluez dans le secteur de la sécurité civile, ici au Québec ou ailleurs et avez envie de donner votre avis ou encore, vous avez des pistes de solutions ;

Vous êtes des journalistes et aimeriez émettre votre opinion face aux acteurs concernés lors d’une urgence toutefois absents des médias sociaux ?

Vous êtes du domaine industriel, quelles sont vos perceptions face à ces outils de communication ?

Dans tous les cas, j’aimerais vous lire !

 

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2 commentaires
  1. Bonjour Guylaine,

    J’ai lu avec attention ton analyse intéressante. En France, nous avons vécu plusieurs expériences similaires qui méritent ton attention (c’est du retour d’expérience). Elles ont amené l’IRMa a interpeller les autorités et les industriels dans les années 2000 (il n’y avait pas encore les #MSGU !) pour favoriser la communication à chaud des industriels vers les autorités locales et des autorités locales vers les populations. Objectifs : éviter rumeurs et désinformation en cas d’événements perceptibles de l’extérieur sans impact sanitaire. Dit autrement, comment une municipalité peut communiquer dès les premiers instants (également via les #MSGU) si elle n’a pas d’information sur la situation provenant de l’industriel (plus délicat encore si la situation accidentelle à un impact sanitaire) ?. Lire – protocole industriels – municipalités http://www.irma-grenoble.com/01actualite/01articles_afficher.php?id_actualite=191. Mais également le retour d’expérience réalisé plus récemment par l’administration française sur l’événement Lubrizol de janvier 2013 : http://www.cgeiet.economie.gouv.fr/Rapports/2013_09_02_2013-02-Organisation_Alerte_Crise.pdf

    Toujours un plaisir de lire tes billets. Nous avons à apprendre.
    Bien à toi – Francois – Institut des Risques Majeurs de Grenoble

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  2. Merci François pour ton commentaire et les références intéressantes ! Au Québec, il existe des comités similaires à ce que vous avez en Isère, soit les CMMI (comité mixte municipal et industries). Les CMMI sont des regroupements volontaires de partenaires industriels et municipaux sur un territoire, certains ont aussi un citoyen collaborant aux travaux. N’étant pas obligatoires, ils ne sont pas présents partout. Toutefois, ils sont très pertinents et l’objectif est de procéder à de la communication de risque et des procédures à suivre en cas d’accident industriel.
    Également un plaisir de te lire !

    J’aime

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